Jeudi 5 novembre 2009
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BORGES Vs GOYA
mardi 24 novembre 19h30 et mercredi 24 novembre 20h30
Réservez sur le site du Vivat ICI
"Borges Vs Goya" fait coexister sur le plateau deux pièces coup de poing de Rodrigo Garcia. L'une est jouée en
français, l'autre interprétée en espagnol et surtitrée en français.
Enfant terrible du théâtre, régulièrement à l'affiche du festival d'Avignon, Rodrigo
García est l'auteur de nombreuses pièces aux titres évocateurs dont il assure le plus souvent la mise en scène et qui ne manquent jamais de défrayer la chronique : "J'ai acheté une pelle en
solde chez ikea pour creuser ma tombe", "Bleue. Saignante. A point. Carbonisée", "Jardinage humain", "L'histoire de Ronald le clown de chez Mc Donald's", etc...
Il dit de lui-même qu'après avoir échappé à la boucherie argentine (celle du père mais aussi celle de la dictature militaire), il s'est retrouvé à 22 ans au coeur d'un "eldorado" occidental tout aussi liberticide, où l'homme n'est plus bon qu'à consommer sans réfléchir.
Face à la résignation des individus gagnés par le conformisme consumériste qui englue et lyophilise les esprits dans des faux semblants de bien être, il s'est alors mis à écrire et à mettre en scène des spectacles dérangeants, qui démontent les mécanismes et les règles qui régissent notre société et susceptibles de provoquer un sursaut salvateur chez le spectateur.
L'écriture de Rodrigo Garcia qui rêve d'un théâtre où "n'importe qui puisse pousser la porte " est un prolongement du réel dont il s'inspire fortement. Entre humour et rage, elle est à la fois sans concession et jubilatoire. Crue, truffée d'argot, elle s'inspire de la rue où il a grandi, celle de la banlieue populaire de Buenos Aires.
Dans "Borges contre Goya", une carcasse de voiture, un canapé et une peluche se prenant pour Mickey Mouse, dansent à un rythme endiablé.
Deux histoires, deux hommes, deux sociétés, deux pays, finissent par se croiser, s'entrechoquer, fusionner…
Incarnés par le jeu hyperdynamisé de deux comédiens, les deux personnages imposent leur déferlement lexical, leur impertinence exacerbée, une logique qui triomphe par l'absurde ou la provocation.
Il dit de lui-même qu'après avoir échappé à la boucherie argentine (celle du père mais aussi celle de la dictature militaire), il s'est retrouvé à 22 ans au coeur d'un "eldorado" occidental tout aussi liberticide, où l'homme n'est plus bon qu'à consommer sans réfléchir.
Face à la résignation des individus gagnés par le conformisme consumériste qui englue et lyophilise les esprits dans des faux semblants de bien être, il s'est alors mis à écrire et à mettre en scène des spectacles dérangeants, qui démontent les mécanismes et les règles qui régissent notre société et susceptibles de provoquer un sursaut salvateur chez le spectateur.
L'écriture de Rodrigo Garcia qui rêve d'un théâtre où "n'importe qui puisse pousser la porte " est un prolongement du réel dont il s'inspire fortement. Entre humour et rage, elle est à la fois sans concession et jubilatoire. Crue, truffée d'argot, elle s'inspire de la rue où il a grandi, celle de la banlieue populaire de Buenos Aires.
Dans "Borges contre Goya", une carcasse de voiture, un canapé et une peluche se prenant pour Mickey Mouse, dansent à un rythme endiablé.
Deux histoires, deux hommes, deux sociétés, deux pays, finissent par se croiser, s'entrechoquer, fusionner…
Incarnés par le jeu hyperdynamisé de deux comédiens, les deux personnages imposent leur déferlement lexical, leur impertinence exacerbée, une logique qui triomphe par l'absurde ou la provocation.
Journal La terrasse N°152
ENTRETIEN AVEC RODRIGO GARCIA
Le théâtre ou la question du vivre ensemble Rodrigo Garcia est un homme en colère. Pas de ceux qui minaudent leur indignation en saillies provocantes.
Pas de ceux qui monnayent leur révolte en posture culturellement correcte. Un artiste polémique, houspillant nos renoncements face à un système qui conditionne l’humain en consommateur béat.
« On conçoit des œuvres radicales dans des conteneurs qui les protègent et les amoindrissent », écrivez-vous. Qu’est-ce que faire oeuvre de subversion ?
Rodrigo Garcia : Attaquer des certitudes.
Mettre en contact quiconque vient au théâtre « Mettre en exergue la difficulté à vivre ensemble : voilà ma préoccupation. »
Rodrigo Garcia avec des expériences poétiques « inhabituelles ». Quelle est la poésie du quotidien d’un Européen moyen ? Elle est étroitement liée à des lieux de travail, des foyers, des centres de loisirs et commerciaux. Ces endroits-là offrent des expériences trop élémentaires, tristes, et induisent un vide immense. Et ce sont les enfants qui endossent le plus mauvais rôle, parce qu’éduqués pour devenir des « citoyens modèles », éloignés de la nature et de la réflexion. Ensuite…
Les citoyens élisent des gouvernements garantissant, quel qu’en soit le prix, la sécurité et la stabilité. Moi, je fais des pièces de théâtre afin d’attaquer ceux qui votent ainsi.
La provocation ou le militantisme antiglobalisation sont devenus des stratégies payantes sur le marché électoral ou même dans le spectacle. Peut-on déjouer le marché ?
R. G. : Mon travail n’a jamais été exclusivement anti-global. Mettre en exergue la difficulté à vivre ensemble : voilà ma préoccupation. Chaque fois que je montre le pire de l’homme et de la femme, je réalise un effort de construction, d’édification. Je m’occupe également, avec mes propres limites, du langage en tant qu’instrument de construction. Une chose commence à apparaître lorsque nous la nommons. Deux démarches s’opposent : écrire quelque chose de joli ou d’apparent d’une part, ou, d’autre part, nommer et faire apparaître quelque chose… qui brille, qui illumine (…)
Au fait, à quoi sert le théâtre ?
R. G. : Je me dois de croire que certaines expériences artistiques restent gravées en nous. Je ne dis pas qu’elles améliorent l’individu, mais elles élargissent son univers et sa capacité perceptive.
La vocation poétique a été oubliée… La peur est là, également. Nous vivons en dictature : celle de la crainte de perdre nos privilèges d’Européens. L’insécurité est précieuse. Sans cela, point de poésie dans notre quotidien.
Vous tirez le texte de théâtre hors du champ de la littérature – « un amas de résidus » dîtes-vous. Comment s’articulent texte et le travail de plateau ?
R. G. : Le texte a trop d’importance, je ne sais donc jamais quoi faire des mots, je ne suis jamais satisfait. Si je les mets dans la bouche des acteurs, une sorte de tristesse se dégage… de décadence. La tradition théâtrale s’oppose à la poésie, à l’incertain. J’essaie donc de générer à la fois du sens et de l’incertitude. Mes textes, consignés dans les livres, sont des « résidus, » parce qu’ils ont surgi en même temps que les actions sur plateau, voire plus tard. Je défends la place de l’intuition dans la création. Chaque oeuvre a ses propres règles. Parfois, je sens qu’une image a besoin de s’ancrer dans des paroles, qui lui confèrent un sens. D’autres fois, les mots ruinent le mystère d’un instant théâtral. Et d’autres fois encore, les mots peuvent par eux-mêmes constituer un mystère, et lorsqu’un mot porte du mystère, il émeut.
Quelle est la place du spectateur dans vos spectacles ?
R. G. : Si nous ne sommes pas d’accord, c’est une bonne chose. Mais je doute : le théâtre est un acte social, et nous sommes tous d’accord, même sur le fait de ne pas être d’accord. Le spectateur est un être impénétrable, un rocher.
(…)
Entretien réalisé par Gwénola David, traduit par Alicia Roda. Remerciements au Théâtre du Rond-Point pour la traduction
A découvrir, plusieurs vidéos :
VIDEO RODRIGO GARCIA AU FESTIVAL D'AVIGNON
ENTRETIEN AVEC RODRIGO GARCIA A PROPOS DE SA PIECE "BORGES"
RENCONTRE AUTOUR DE RODRIGO GARCIA
« On conçoit des œuvres radicales dans des conteneurs qui les protègent et les amoindrissent », écrivez-vous. Qu’est-ce que faire oeuvre de subversion ?
Rodrigo Garcia : Attaquer des certitudes.
Mettre en contact quiconque vient au théâtre « Mettre en exergue la difficulté à vivre ensemble : voilà ma préoccupation. »
Rodrigo Garcia avec des expériences poétiques « inhabituelles ». Quelle est la poésie du quotidien d’un Européen moyen ? Elle est étroitement liée à des lieux de travail, des foyers, des centres de loisirs et commerciaux. Ces endroits-là offrent des expériences trop élémentaires, tristes, et induisent un vide immense. Et ce sont les enfants qui endossent le plus mauvais rôle, parce qu’éduqués pour devenir des « citoyens modèles », éloignés de la nature et de la réflexion. Ensuite…
Les citoyens élisent des gouvernements garantissant, quel qu’en soit le prix, la sécurité et la stabilité. Moi, je fais des pièces de théâtre afin d’attaquer ceux qui votent ainsi.
La provocation ou le militantisme antiglobalisation sont devenus des stratégies payantes sur le marché électoral ou même dans le spectacle. Peut-on déjouer le marché ?
R. G. : Mon travail n’a jamais été exclusivement anti-global. Mettre en exergue la difficulté à vivre ensemble : voilà ma préoccupation. Chaque fois que je montre le pire de l’homme et de la femme, je réalise un effort de construction, d’édification. Je m’occupe également, avec mes propres limites, du langage en tant qu’instrument de construction. Une chose commence à apparaître lorsque nous la nommons. Deux démarches s’opposent : écrire quelque chose de joli ou d’apparent d’une part, ou, d’autre part, nommer et faire apparaître quelque chose… qui brille, qui illumine (…)
Au fait, à quoi sert le théâtre ?
R. G. : Je me dois de croire que certaines expériences artistiques restent gravées en nous. Je ne dis pas qu’elles améliorent l’individu, mais elles élargissent son univers et sa capacité perceptive.
La vocation poétique a été oubliée… La peur est là, également. Nous vivons en dictature : celle de la crainte de perdre nos privilèges d’Européens. L’insécurité est précieuse. Sans cela, point de poésie dans notre quotidien.
Vous tirez le texte de théâtre hors du champ de la littérature – « un amas de résidus » dîtes-vous. Comment s’articulent texte et le travail de plateau ?
R. G. : Le texte a trop d’importance, je ne sais donc jamais quoi faire des mots, je ne suis jamais satisfait. Si je les mets dans la bouche des acteurs, une sorte de tristesse se dégage… de décadence. La tradition théâtrale s’oppose à la poésie, à l’incertain. J’essaie donc de générer à la fois du sens et de l’incertitude. Mes textes, consignés dans les livres, sont des « résidus, » parce qu’ils ont surgi en même temps que les actions sur plateau, voire plus tard. Je défends la place de l’intuition dans la création. Chaque oeuvre a ses propres règles. Parfois, je sens qu’une image a besoin de s’ancrer dans des paroles, qui lui confèrent un sens. D’autres fois, les mots ruinent le mystère d’un instant théâtral. Et d’autres fois encore, les mots peuvent par eux-mêmes constituer un mystère, et lorsqu’un mot porte du mystère, il émeut.
Quelle est la place du spectateur dans vos spectacles ?
R. G. : Si nous ne sommes pas d’accord, c’est une bonne chose. Mais je doute : le théâtre est un acte social, et nous sommes tous d’accord, même sur le fait de ne pas être d’accord. Le spectateur est un être impénétrable, un rocher.
(…)
Entretien réalisé par Gwénola David, traduit par Alicia Roda. Remerciements au Théâtre du Rond-Point pour la traduction
A découvrir, plusieurs vidéos :
VIDEO RODRIGO GARCIA AU FESTIVAL D'AVIGNON
ENTRETIEN AVEC RODRIGO GARCIA A PROPOS DE SA PIECE "BORGES"
RENCONTRE AUTOUR DE RODRIGO GARCIA
Par LE VIVAT
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Publié dans : Les spectacles
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