L’Afrique du Sud est un territoire oublié des musiques actuelles ; et pourtant hip hop, house, kwaïto, jungle, electronica, rock : tous ces courants sont en terre australe vifs et inventifs,
portés par des groupes novateurs qu’il est urgent de découvrir. Tumi and the Volume est de ceux-là.
En cette année où tous les regards sont tournés vers l’Afrique du Sud, Tumi and The Volume se devait d’imposer un retour haut en couleurs. Après deux ans de concerts, de rencontres et de riches
pérégrinations, le groove gang de Jo’Burg est au sommet de son art : Pick a Dream sortie le 12 avril 2010 (Sakifo Records / Wagram), troisième album, nuance les climats, se joue des
ambiances et explore les genres.
Afrobeat et dancefloor quelques
instants, mélancolique et poétique les minutes suivantes, se parfumant aux effluves de l’accordéon de Fixi dans la foulée, avant une balade maloya émouvante le temps d’emmêler les voix avec le
réunionnais Danyel Waro… Tumi et sa bande posent là une pierre angulaire de l’histoire du hip hop africain, prête à convertir tous les adeptes du worldwide
groove.
Voir la blog d'un fan, Hippolyte, qui a réalisé la couverture du dernier album : le blog d'hippolyte
Le percutant MC Tumi Molekane et ses trois musiciens (dont deux membres du groupe 340ml) ont pris la vague
post-apartheid. L’or a fait de Johannesburg une capitale économique ; des groupes comme Tumi and the Volume en feraient volontiers une capitale culturelle. Des mots tranchants et pertinents
sur un son coloré et groove à souhait, combo de hip-hop instrumental, rap, soul, jazz et reggae, les Suds-Africains portent en musique la conscience et la parole d’une génération de jeunes
motivés et motivants dont les ressources et l’inspiration ont déjà largement franchi les frontières sud-africaines.
À coups de riddims percutants et sur le fil aiguisé d’une poésie bien sentie, ils prônent la fierté de leurs origines et sont porteurs d’espoir pour la jeunesse locale. La voix de Tumi,
chaude et précise, est aussi partageuse, et laisse la place à Keorapetse Kgositsile, poète sud-africain, sur "Johnny Dyani". Puisant également son inspiration musicale et poétique parmi les
acteurs historiques d’une Afrique en paix, le groupe emprunte un parcours musical varié, passant même par la case afrobeat de Fela, palpable sur "Afrique" ou des sons plus funk sur "In a
minute". Par la multiplicité de ses influences, la précision de son rap et la pertinence de ses mots, Tumi and the Volume sort du lot avec ce premier album studio dont les racines plutôt
Roots ont grandi nourries du son de Miles Davis. Partager son histoire, porter les doutes et espoirs de tout un pays sont les motivations de cette formation exceptionnelle annonciatrice d’un
renouveau musical sur ces terres qui peinent à retrouver leur fertilité.
Fabien Maisonneuve
Tous les artistes américains qui prennent le temps de pousser jusqu'à Johannesburg en reviennent avec la tête
à l'envers. Des arrière-cours de Soweto aux clubs du centre-ville, les jeunes tchatcheurs de la nouvelle Afrique du Sud se passent le micro avec une dextérité et une énergie telles qu'on
pourrait croire que le rap est en train de naître avec eux. Les stars de cette scène en fusion ont rarement l'occasion de se faire connaître sur d'autres continents que le leur et ce
premier album studio de Tumi Molekane est une carte de visite idéale. Accompagné par des musiciens locaux qui s'offrent toutes les libertés et changent de braquet à chaque morceau, ce poète
très classe de « Jo'burg » fait feu de tout bois et s'aventure sans complexes sur tous les fronts de la musique noire, du slam au rap et du jazz à l'afro-funk. Les arrangements sont à la
fois sobres et sophistiqués, et la virtuosité de Tumi au micro, parfaitement euphorisante. La voie est ouverte.