Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 11:15

La collaboration entre l’EPSM Lille-Métropole et le Vivat a fêté ses 10 ans cette année. Elle est née de l’initiative du docteur Christine Lajugie, chef du service G07, qui est venue à la rencontre du Vivat pour proposer un échange singulier et réjouissant pour les deux structures : “les patients au Vivat, les artistes à l’EPSM !”. Accueillis dès 1999 au pavillon des Tilleuls et depuis 2002 au “6 bis”, rebaptisé “Maison des Artistes”, ces artistes (chorégraphes, metteurs en scène, circassiens, musiciens ou plasticiens) mènent une multitude de projets de rencontre et de croisement des publics.

Après un précédent article consacré à Belinda Annaloro, voici une présentation d'un autre artiste actuellement en résidence en ces murs : Thomas Suel.


P1070968-copie-1.jpg

Thomas Suel est un "vrai" nordiste, né en 1976... dans le Pas de Calais, à Isbergues. Il passe sa jeunesse là-bas, entre les collines de Flandres et l'Artois. A l'est,  c'est le bassin minier et la sidérurgie, dont il a observé et observe la lente et inévitable agonie.

Ses études ne le menaient pas forcément à une "carrière" artistique, puisqu'il a fait l'Institut d'Etudes Politiques à Lille puis un DEA à Sciences Po et s'est même essayé à une année de journaliste à "L'Echo de la Lys", avant de tenter les professions de maraîcher et de travailleur social...

Son père, Lucien Suel, est un écrivain dont le premier roman "Mort d'un jardinier" est publié en novembre 2008 aux Éditions de la Table ronde. Le deuxième, "La patience de Mauricette", paraît en septembre 2009 chez le même éditeur. Sa particularité : il a été écrit lors d'une résidence à l'EPSM d'Armentières, déjà...

Un amusant clin d'œil pour le fils donc, qui profite de sa résidence à la Maison des Artistes de l'EPSM pour "faire le point" sur ses projets en cours et continuer de nourrir sa quête de réflexion et visant à "créer du sens dans un environnement post-moderne". A savoir, s'interroger sur des notions telles que l'atomisation sociale, la vitesse de nos vies actuelles, l'éclatement de certaines valeurs, des codes familiaux...

Aujourd'hui, Thomas se présente comme un artiste protéiforme, à la fois slameur, écrivain, musicien, performeur, passionné par la puissance sonore de la langue, les accents (celui Picard notamment !), le rythme, les timbres. Un des enjeux pour lui est de pouvroi "incarner la parole", la rendre vivante "physiquement".


P1070957-copie-1.jpg

Il est venu au slam grâce à Stéphane Gorikowski, qui a fait connaître cette discipline dans la région en 2001. Il le pratique régulièrement, anime des ateliers d’écriture et participe régulièrement aux scènes slam de la région, notamment avec La compagnie Générale d'Imaginaire . C'est cette dernière qui lui a permis de bénéficier d'une résidence de création à Houdain, qui a donné naissance au projet : [dukone], un spectacle co-produit par Culture Commune en avril 2009. Les textes sont de Thomas Suel,  la musique est de Jérémie Ternoy et Christian Pruvost.  Un recueil (livre/CD) des textes de [dukone] est paru aux Editions  

L’Agitée (Décembre 2009), avec le soutien d’Artois Comm.

A écouter et même acheter (!) sur ce lien


P1070962-copie-1.jpgP1070963-copie-1.jpg

P1070959-copie-1.jpg

L'écriture "pure" est une voie qu'il n'a jamais délaissée, puisqu'il est l’auteur de deux romans dont “La fille aux pieds nus”. Il envisage de se pencher sur une nouvelle, inspirée d'une histoire vraie et peu banale, celle de soldats russes au front sur le sol français durant la 1ère guerre mondiale et à qui on apprend la chute du tsar en 1917... Révolte, mutinerie... la plupart demandent à rentrer au pays mais en sont empêchés par l’armée française et les forces russes loyalistes. Enfermés dans le camp de La Courtine dans la Creuse, ils vivront en autogestion jusqu’à ce que les canons les en délogent...

P1070964-copie-1.jpgP1070965-copie-1.jpg

C'est cette histoire de destins peu banals (certains finiront enfermés sur l'ile d'Aix par exemple), qui évoque les notions d'obéissance et de résistance, qui mériterait assurément qu'on la raconte aujourd'hui...

Côté musique, il faudra ajouter qu'il fut également chanteur du groupe de rock "Tiger Balm", qu’il est batteur du groupe "Potchük", joue en duo avec le guitariste Arnaud Mirland, il participe en tant qu’auteur à un projet de l’association "Travail et Culture "sur la question (si actuelle) des femmes et du travail et envisage une nouvelle création avec Jérémie Ternoy et Christian Pruvost à Quievrechain.

Une nouveauté et une première pour Thomas Suel : il fera cette année ses premiers pas de comédien puisqu'il jouera dans un spectacle écrit par Christophe Martin, à qui on doit le livre "Les Mains bleues" qui a donné le spectacle désormais célèbre de Bruno Lajara, "501 Blues", sur la fermeture de l'usine Levi's de la Bassée. Il sera cette fois question de la saga, des années 60 à nos jours, d'enfants qui vivent dans un quartier champignon d'une Z.U.P d'Avion... Cette création est annoncée pour fin mai 2011.

Thomas Suel sera en résidence à la Maison des Artistes jusqu'au 31 octobre, une période sur laquelle il va inviter des amis à le rejoindre sur le plateau cette fois, pour des sessions "slam-danse", "poésie sonore à plusieurs"...

P1070969

Par LE VIVAT - Publié dans : Infos diverses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés