Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 11:41

Si je meurs, laissez le balcon ouvert

Raimund Hoghe

mercredi 15 décembre 20h30 (durée de 3h avec entracte)

 

Réservations sur la billetterie en ligne du Vivat

A visiter : le site de Raimund Hoghe

 

Raimund Hoghe est né à Wuppertal. Il a commencé sa carrière en écrivant pour l'hebdomadaire allemand “Die Zeit” des portraits de petites gens et de célébrités. De 1980 à 1990, il a été le dramaturge de Pina Bausch. Depuis 1989, il s'est attelé à l'écriture de ses propres pièces. C'est en 1994 qu'il monte en personne sur la scène pour son premier solo Meinwärts qui forme, avec Chambre séparée (1997) et Another Dream (2000), une trilogie sur le XXe siècle. Il enchaîne ensuite la création de solos,  duos et pièces de groupe, entamant notamment un cycle de pièces hommages aux grands classiques (Sacre - The Rite of Spring, Swan Lake, 4 Acts, Boléro Variations, L'Après-midi).

Ce qui fait la magie des spectacles de Raimund Hoghe, c’est qu’à chaque représentation, nous avons l’incroyable sentiment, parfois troublant, que les corps en présence sur le plateau, dansent leur propre histoire et que cette histoire est aussi la nôtre, celle de notre humanité, universelle et unique à la fois.

Ne passez pas à côté de cette rencontre avec un artiste généreux, sensible et à l’immense culture, plébiscité par les spectateurs ayant découvert trois autres pièces présentées au Vivat ces dernières années : Sacre - The Rite of Spring, Swan Lake, 4 Acts, et Boléro Variations."

 

sijemeurs8.jpg

Photo Rosa Frank

 

« Jeter son corps dans la bataille », a écrit Pier Paolo Pasolini. « Ce sont ces mots qui m'ont inspiré pour monter sur scène. Mes autres sujets d'inspiration sont la réalité qui m'entoure, le temps dans lequel je vis, ma mémoire de l'histoire, les gens, les images, les sensations, la puissance et la beauté de la musique ainsi que la confrontation avec le corps - qui dans mon cas, ne répond pas aux idéaux conventionnels de beauté. Voir sur la scène des corps qui s'éloignent de la norme est important – non seulement du point de vue de l'histoire, mais aussi du point de vue de l'évolution actuelle qui tend à rabaisser le statut de l'homme à celui d'artefact ou d'objet design. Et quant au succès : il importe avant tout d'être capable de travailler et de poursuivre son propre chemin - avec ou sans succès. Je fais simplement ce que j'ai à faire ». Raimund Hoghe

 

 

Despedida

 Si muero.

dejad el balcón abierto.

El niño come naranjas.

(Desde mi balcón lo veo.)

El segador siega el trigo.

(Desde mi balcón lo siento.)

Si muero,

dejad el balcón abierto!

 

Adieu 

Si je meurs

laissez le balcon ouvert.

L'enfant mange des oranges.

(De mon balcon je le vois)

Le moissonneur fauche le blé.

(De mon balcon je l'entends)

Si je meurs

laissez le balcon ouvert !  

 

Federico Garcia Lorca

 

sijemeurs2-copie-1.jpg

Photo Rosa Frank

 

Conçu initialement comme un hommage à Dominique Bagouet, la création de Raimund Hoghe déborde largement, comme à son habitude, sur un contexte plus politique et une expérience plus personnelle. Politique, parce que Raimund Hoghe, en décidant finalement d’étendre le champ de Si je meurs… aux années 80, se replonge dans l’atmosphère de cette décennie où le sida commence à faire des ravages. A l’époque, Raimund Hoghe écrit de nombreux textes sur le sujet.

Notamment sur Hervé Guibert. « Le sida a changé notre regard sur le monde et le temps qu’il nous reste à vivre, dit Raimund Hoghe, l’expression « il est mort avant l’heure » était courante à l’époque et reste d’actualité dans tous les pays où l’accès aux médicaments reste difficile. De ce fait, j’ai été de plus en plus attentif à la valeur de la vie au jour le jour. »

Personnelle, car toutes les œuvres de Raimund Hoghe se composent à partir de souvenirs et de fils invisibles, qui tissent une toile arachnéenne de relations entre les êtres et les choses, entre lui et d’autres artistes, entre son univers et le monde. Si je meurs… n’échappe pas à cette méthodologie étrange et mystérieuse qui accumule des références situées dans un en-deçà du langage mais où chaque mot, chaque geste luit comme une étoile dans l’obscurité. Ainsi de ce vers du poète Federico Garcia Lorca qui donne son titre à la pièce : « Lorsque je pense à Dominique Bagouet, j’imagine toujours une porte ouverte, avoue Raimund Hoghe, et ce poème dit « si je meurs… laissez le balcon ouvert ».

Bien entendu, cet « hommage » ne sera pas une reconstruction ni même une citation chorégraphique de Dominique Bagouet. Il sera plutôt de l’ordre d’une trace, un sillage, une pointe au cœur fichée quelque part dans une histoire sensible de la danse. « Je voudrais surtout que l’on se souvienne des qualités spécifiques de son travail, de ce qu’il en restait après avoir vu l’une de ses pièces. Personnellement, je me souviens surtout d’une sensation de tendresse et d’humanité dans son travail que je ne vois que très rarement sur scène aujourd’hui. C’est quelque chose de perdu, et c’est de cette perte que je voudrais faire partir ma création. Par ailleurs, j’aimerais également qu’apparaisse cette métamorphose de la mémoire que provoque un souvenir relu à l’aune de notre temps présent, un peu ce que François Ozon a fait dans son adaptation de Fassbinder Goutte d’eau sur pierres brûlantes que j’aime beaucoup. Pour moi, la dernière pièce de Dominique, Necessito, est l’autre point de départ de ma création. Elle me touche énormément et j’ai un sentiment de grande proximité avec cette œuvre. Ainsi, j’ai imaginé cette pièce pour huit interprètes[1], j’ai réalisé ensuite que Bagouet travaillait souvent avec ce nombre de danseurs. Et ce n’est peut-être pas un hasard si j’ai choisi Lorca, Necessito fut créée à Grenade ! ». Voilà la boucle bouclée, comme toujours avec cet alchimiste de la réminiscence qu’est Raimund Hoghe.


Agnès Izrine

 

 


[1] Lorenzo, Ornella, Emmanuel, Nabil and Yutaka et Astrid Bas, comédienne.

 

 

 

Voici également un article rédigé par Pascale Logié-Broussart, dont vous pouvez retrouver tous les écrits sur son blog lilledicidanse :

 

Au sortir de ce spectacle donné en hommage à l’enfant Montpelliérain chéri et disparu prématurément de la danse, le bien nommé Dominique Bagouet[1], j’ai retenu le propos de ce critique et journaliste bien connu du milieu de la danse qui s’adressant à ses collègues définissait l’œuvre de Raimund Hoghe en ces termes : «  Ce qui est incroyable chez ce chorégraphe, c’est que l’on sait à quoi s’attendre, (sous entendu, le canevas est toujours le même) mais ! Que nous en sortons à chaque fois bouleversés et emplis d’émotions. »

Et, effectivement, nous sommes littéralement emportés durant trois heures dans un cérémonial où la danse fait sens plus que figure et  donne vie à un rituel dont Raimund Hoghe est l’incontestable maître d’œuvre.

Assurément, la danse de Raimund Hoghe fait profession du sentiment, de l’émotion, de ce que l’humanité et l’engagement se heurtent à la mémoire et au souvenir. Et cela dans une confrontation autobiographique de la présence directe des interprètes à la disparition et l’absence immanente de ses protagonistes.

Et c’est là où il est question de la mort, par le stratège scénique de la répétition du phénomène de disparition des personnages un à un sur le plateau,  la présence du corps par l’action de la danse est une « …opération qui permet d’échapper à la tyrannie du temps et au ressentiment qui l’accompagne »[2] . La marque de leur absence ainsi répétée fait alors place à une  danse qui se fait résolument procréatrice du mouvement par la réminiscence des gestes et figures du répertoire de l’imaginaire de Dominique Bagouet  sans en évoquer directement ses carnets mais plus sa manière d’être et de s’exposer à la scène[3].

Or, ce que nous avons vu et ressenti dans cette magistrale suite de tableaux chorégraphiées ne peut se qualifier de minimaliste encore moins de conceptuel n’en déplaise aux détracteurs et à la mauvaise critique.[4] Il s’agit bien ici d’une partition habilement menée sur une sélection de musiques mais aussi de voix célèbres issues du grand répertoire à la chanson populaire qui sont chères à Raimund Hoghe. C’est là la force de ce dramaturge qui au travers d’une écriture chorégraphique extrêmement codifiée et impeccablement servie par ses interprètes inclut et fait se rencontrer des éléments aux références stylistiques si  différentes mais avec une grande justesse et dont la charge émotive est le moteur essentiel[5].

Un ballet où les émouvantes figures d’ensemble se confondent au ravissement des rencontres ; d’un duo se métamorphosant en un charmant pas de deux (Marion Ballester) ou trio avec coups d’éclats voir coups de gueule du maestro…

Et si d’aucuns évoquent au travers de la mémoire réflexive du spectateur la résurgence de l’image de la présence mouvante de Dominique Bagouet (forme de pertinence rétinienne) sur la scène, c’est la magnifique interprétation d’Emmanuel Eggermont nous émeut Faisons fi de ceux qui en le confondant à son précurseur et en le réduisant ainsi à un statut d’interprète, se borne à une lecture trop synthétique de la pièce ; il est ici question de l’art et de la maitrise qu’a Raimund Hoghe à faire valoir ses interprètes dans toute leur virtuosité et humanité.

C’est un autre Emmanuel Eggermont[6] qui nous est apparu ; certes, nous le reconnaissons par son extrême précision et la perfection de ses mouvements (Un Après- Midi) on distinguera aussi le minutieux, complexe et délicat travail des mains. Mais, c’est un petit quelque chose en plus d’humanité et d’humour qui lui sied à ravir et l’entraine dans une pantomime drolatique et cocasse et, nous évoque si ce ne sont les citations de Dominique Bagouet se réincarnant en Charlot dans Le Dictateur, le jeu pathétique d’un pantin désarticulé forme contemporaine de Petrouchka.

De même le solo de Yutaka Takei (pourtant blessé la veille à la cheville) a fasciné et envouté le public, en atteste, la qualité de silence dans la salle qui a fait surgir une émotion aussi profonde que prolongée, la sensation induite par la précaution et la concentration inhérente à cette danse aux consonances japonaises n’est pas sans invoquer la part intuitive des corps façonnés par la maitrise du Butô. L’influence esthétique du Japon et la rencontre de Raimund Hoghe avec Kasuo Ôno sont ici exprimés dans une forme où l’intériorité (caractéristique de celle qui relie le corps à l’esprit Butô) est ici reliée à une part intime de la personne par la réminiscence [7] d’une mémoire intuitive et originelle du mouvement.

Si pour certains imperméables au sensible, le temps semble s’étirer à n’en plus finir, le spectacle dure certes, il dure le temps d’éplucher une orange, de la partager, de la déguster et d’en ramasser les épluchures.

Ce temps n’est pas le temps de l’oubli ni même celui de la disparition encore moins celui de la résignation ; c’est le temps qu’il nous est alloué afin de célébrer la mémoire de nos proches et amis défunts outre le poids et la souffrance aggravée par  la négation du diagnostic et le reniement de la maladie d’où l’impossible deuil. Un Sida que Raimund Hoghe combat à sa manière dans une parole qui devient acte, une danse qui se fait trace de la mémoire de ces corps disparus.

Et je comprends ainsi pourquoi à chaque fois je suis aussi retournée et émue par l’œuvre de ce chorégraphe, j’ai l’immense bonheur d’être touchée par la danse, le spectacle et la scène et c’est fort, c’est très fort.

 

P L-B pour Lille-Dicidanse et le Vivat Armentières. Août 2010

 

‘L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne disparaît jamais.’
(1. Corinthiens, chapitre 13, l’amour) [8] 

 

  

Compléments à la lecture :


« J'ai voulu cette fois exposer mon avis sur scène. Nombre de danseurs sont morts du sida, des célébrités comme Rudolph Noureev ou Dominique Bagouet, et d'autres artistes moins connus. Pour moi c'était évident : si je voulais prendre position il fallait que je le fasse en mon nom propre, avec mon corps. Il ne m'était pas possible d’ ”inscrire” ma conviction politique sur le corps d'aucun danseur. Il n'est pas pour autant question de mon histoire individuelle ; je voulais tout simplement utiliser mon corps comme exemple, et dire : Il existe d'autres corps que les corps traditionnellement glorieux des danseurs.

Un jour, l'acteur et auteur Peter Radtke, handicapé par la maladie des os de verre, m'a dit en interview: On va au théâtre pour regarder et non pour détourner les yeux. C'est par leur travail que des gens comme lui m'ont encouragé à me présenter sur le plateau, à exposer mon corps. Je pense aussi à ma rencontre avec le danseur de butô Kazuo Ohno. Octogénaire, il dansait en scène et devenait enfant, vieillard, homme ou femme. La dernière fois que je l'ai vu c'est en 2003 dans son studio au Japon. Il souffrait depuis quelques années de la maladie d'Alzheimer, mais son corps se souvenait toujours de la danse. Lorsqu'on jouait un disque de Maria Callas, ses mains exécutaient les mêmes mouvements qu'il faisait des années auparavant sur scène. Il connaissait son état, mais par son corps, il parvenait à se souvenir de ce qui était important dans sa vie. Il dansait avec ses mains et cette étrange énergie qui l'avait toujours habité se manifestait à nouveau ; l'énergie d'un corps vieux, plein de dignité et d'une beauté en dehors des idées préconçues, une beauté hors norme.

Mon travail est aussi le moyen que j'ai de parler de la beauté. Dans mes pièces j'utilise des musiques que je trouve belles, des matériaux que je trouve beaux. Je les mets tout contre mon corps que généralement on ne trouve pas beau. Dans les journaux allemands, je peux régulièrement lire des commentaires tels que :”Blanche Neige et son nain”, ”La Belle et le bossu” ou ”Le Lac des cygnes du vilain petit canard”. Je suis fatigué de cette Allemagne qui déclare que toute différence à la norme physique est laide. En France, en Belgique ou en Angleterre, les choses ne se passent pas du tout de la même façon. Qui peut définir ce qui est beau et ce qui est laid ? Arnold Schwarzenegger, est-il beau ? Des lèvres gonflées, sont elles érotiques ? Les seins de silicone sont-ils beaux ? Et les visages figés d'hommes et de femmes après un lifting ? physiques choquent plus que la violence sur scène: un plaidoyer pour l'imperfection. »

 

Raimund Hoghe Zeitschrift für Kultur, n° 3/2006,

Supplement STEPS festival ©Raimund Hoghe

 

http://www.raimundhoghe.com/maximized/Lebalcon.html

http://www.montpellierdanse.com/pages/?cat=0014&idl=21&idsref=632

http://lesirreguliers.unblog.fr/page/2/

http://www.raimundhoghe.com/fr/focus_fr.html



[1] Ce spectacle est une forme de «commande »à Raimund de Jean-Paul Montanari initiateur et directeur de ce trentième festival qui est indéniablement un moment phare de la programmation en danse en France. A noter Raimund Hoghe sera artiste associé à Montpellier Danse en 2011.

 Le talent et la fantaisie du jeune et populaire chorégraphe Dominique Bagouet ( créateur du festival) ont  été révélés et portés durant de nombreuses années par le tempétueux et ambitieux maire de Montpellier à l’époque George Frêche qui associé à une politique de gauche résolument ouverte à l’art et la culture dans les années 80 ont permis à la « Nouvelle Danse » française de se développer et de voir la création de centres nationaux de la danse en région CCN ainsi que la naissance de nombreux festivals et manifestations.

 

[2] Propos du plasticien Pierre Huyghe repris par Pascale Cassagneau  citée par Laurence Louppe qui fait ici au travers de l’analyse  de la partition en danse un lien avec une perspective Nietzschéenne de la permanence de l’œuvre d’art dans Poétique de la danse contemporaine, La Suite,  p35, Ed Contredanse Bruxelles 2007.

 

[3] Les costumes colorés gais et  pimpants portés sous les longs manteaux de draps noirs sont une citation claire issue de ces célèbres carnets de transmission rédigés par le chorégraphe Dominique Bagouet informé de sa maladie et de son issue fatale. http://www.lescarnetsbagouet.org/

 

[4] J’avoue avoir été très surprise et déconcertée lors de ce Festival par un public et une critique journalistique locale qui semblent se complaire dans un mode agressif acerbe  mais qui ne justifie en aucun cas l’ignorance et l’absence de considération pour le travail des artistes (d’autres ont étés beaucoup plus touchés que Raimund Hoghe qui a été très applaudi et ovationné). Cela est regrettable et en aucun cas nous userons de cette forme spectaculaire et mercantile de communication.

 

[5] On reconnaitra : les Doors : référence à So Schnell, l’Espagne et ses Boléros langoureux honorent bien l’inspiration du poète andalou F Garcia Lorca, il nous nous rappelle à la mémoire de Dominique Bagouet, Necessito fut conçue à Grenade. Mais aussi les fidèles à la partition de Raimund Hoghe : Dalida, La Callas, Bach et Purcell.

 

[6] Nous avons la chance en région Nord de pouvoir suivre l’évolution de ce jeune danseur et chorégraphe Emmanuel Eggermont dont la rigueur technique et esthétique signe l’écriture aiguisée.

Formé au CNN de Roubaix, puis Angers,  il sera interprète de Carmen Werner, Angelin Preljocaj, Gilles Verièpe et Raimund Hoghe, il a résidé et travaillé en Corée. Aujourd’hui il se consacre également à l’écriture chorégraphique et est artiste au bureau de production des Latitudes Contemporaines.


[7] Ce qu’Artaud éprouvait lors de la vision des danses Balinaises Le théâtre et son Double, La mise en scène et la métaphysique.1935.


[8] Ce passage du Nouveau Testament est cité dans Pries der Liebe, un livre que Raimund Hoghe a consacré à la vie de sa mère, il a été judicieusement choisi par choisi par Marianne Van Kerkhoven pour l’introduction à la  rédaction de la biographie de l’artiste "Focus Raimund Hoghe «pour le Kaaitheater à Bruxelles en  Septembre/Octobre 2002  que je vous invite vivement à consulter. http://www.raimundhoghe.com/fr/focus_fr.html.

 

 

 

Par LE VIVAT - Publié dans : La programmation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés