
On se lève tous pour la Grande Sophie !
Un cocktail d'énergie et de fantaisie.
Vendredi soir, La Grande Sophie a embarqué les 400 spectateurs du Vivat dans son monde, à coup d'énergie et de fantaisie. Elle aime être là où on ne l'attend pas,
désarçonner son auditoire, dégonfler le sérieux comme un ballon de baudruche.
Un peu comme une enfant, une ado vite grandie, elle saute à la corde telle un boxeur. Jouant sur son look androgyne,
elle est tantôt mec tantôt fille. Bas résille et robe ultra courte, les pieds dans ses docks, elle attaque sur Pardonner, la première chanson de son dernier album, et laissera son public captif,
debout, sur la Valse des adieux, en promettant de se revoir très vite.Enchaînant tous les titres de l'album Des vagues et des ruisseaux, elle en revisite d'autres, plus anciens,Martin et Du
Courage, pour un très beau moment. Même Ringo Star était convié.
Des bonnes résolutions à Quand le mois d'avril, qui n'est pas sans évoquer l'ombre d'une certaine fille d'avril de Voulzy, elle égrène ses humeurs passagères, légères elle folâtre dans l'air du temps.C'est sûr, elle n'a pas d'amis « dans le show business » (c'est elle qui le dit) puisque Dany Boon, elle « savait pas » qu'il était d'Armentières elle ne savait pas pour Line Renaud non plus. Mais elle n'est pas si « à l'ouest » et « dans les choux » que cela, la belle plante du sud qui joue du décalage !
À son énergie, à ses choeurs, à la puissance, à l'étendue du registre de sa voix on se rallie d'évidence. Bien soutenue par ses trois musiciens multi-intrumentistes et une mise en lumière efficace, elle s'offre même un détour du côté du disco, de ses boules à facettes et des descentes dans la salle, jusque sur les genoux d'Alain Montois (sans son appareil photo !). Dans le noir ou accroupie en bord de scène, elle rapproche le public. La reprise de Dis quand reviendras-tu de Barbara a semblé un peu accélérée, prise dans le tourbillon d'un concert mené tambour battant. Mais l'émotion est là sur le temps qui passe et ne se rattrape pas. Bien en phase avec la batterie et jetant ses cheveux dans la bataille, elle aime toujours autant la guitare et les sons rauques mais s'adjoint un autre registre, plus intime, qu'elle sait apprivoiser avec grâce.
CATHERINE QUÉTELARD / PHOTOS DAMIEN MENU : Quelques photos ICI