Partager l'article ! Petiteshistoires.com : le 18 mars, vous serez scotchés !: Petites histoires.com CCN de la Rochelle / compagnie ACCRORAP, Kader Attou ...
Petites histoires.com
CCN de la Rochelle / compagnie ACCRORAP, Kader Attou
vendredi 18 mars 20h30
De 6 à 18 euros : réservez ici
A noter : le prix Mimos 2008 du festival international du mime de Périgueux a été attribué à Petites
histoires.com pour "sa poésie, sa générosité, son universalité et son engagement".
photo Laurent Petit
"Les courts-métrages m’ont toujours intéressé...
Ce qui me plait, c’est cette capacité à raconter des histoires en un temps très court, gommer le superflu, arriver à l’essentiel... et chercher un effet de
surprise. Pour l’instant, ce sont des idées qui alimentent ma recherche, des petites histoires sous la forme de saynètes un peu comme ces petits films. Chercher, trouver et raconter en un temps très court des choses enfouies en moi, et en chacun de nous... Eveiller des souvenirs, des mots, des maux, entendre, s’entendre,
s’étendre... Quand j’étais enfant, je passais mon temps à observer les papillons et rêvais de pouvoir faire un jour comme eux. Je passais mon temps
à les attraper un à un, et récoltais sur mes doigts cette poussière que leurs ailes dégageaient. Je me fabriquais des ailes en carton avec trois bout de ficelle et déposais cette poudre magique
qui pour moi était la clef qui m’aiderait à m’envoler.... Mais ce fut jamais le cas.
Prendre la parole, et prendre sa part de rêves dans le mouvement, danser sur trois petites notes avec cette énergie qui nous est si singulière tout en parlant
de choses plus ou moins graves mais avec beaucoup de légèreté."
Kader Attou
1974. Je ne naquis pas seul, mais avec mon frère, une grande surprise pour mes parents qui ne s’étaient pas préparé à avoir des
jumeaux, peut-être est-ce la première carte que j’ai jouée ? Mon père travaillait comme ouvrier chez R.V.I (Renault
Véhicule Industrie) à Saint-Priest où, durant des années, il a écumé des horaires alternant matin, midi et soir, on me disait que c’était les trois huit !
Je ne comprenais pas très bien ce que cela voulait dire, mais j’imaginais mon père
marchant à l’intérieur de ce grand bâtiment, répétant inlassablement des va et vient en forme de 8. Lorsqu’il rentrait à la maison, on ne devait pas le déranger, il était fatigué,
ma mère faisait tout pour qu’il aspire durant ces quelques heures à un peu de repos.
Le grand bâtiment qui avalait mon père chaque matin avec tant d’autres gens, la mine grave, commençait à me faire peur. Plus tard
je découvris à la télé «les temps modernes ». On peut dire que Chaplin m’a réconcilié avec le travail de mon papa, l’endroit où il passait ces journées changea à mes yeux. Je l’imaginais cette
fois pris dans les engrenages des machines, s’amusant en salopette rayée, j’imaginais ces mêmes machines se transformant en un grand bestiaire imaginaire… Papa était dompteur, papa était Monsieur
Loyal dans le grand cirque mécanique des tôles froissées… Je me mettais à rêver...
Aujourd’hui j’ai trente-deux ans et je ne fais pas le même métier que mon père, je suis danseur, artiste chorégraphe comme on
dit. La danse m’a permis de prendre conscience de tout ce qu’il y a autour de moi, elle n’est pas une simple expression du corps mais celle du coeur aussi. Traversant les frontières, elle est
aussi un langage universel. Chaplin a su me donner une vision moins rude de la vie de mon père à travers son film, en parlant de quelque chose de grave comme la revolution industrielle, de ces
hommes travaillant à la chaîne, qui a leur tour devenaient des vraies machines, il a su nous en faire rire.
Une réflexion alimente mon travail aujourd’hui, comment fabriquer un peu de rêve tout en ayant un regard juste sur le
monde.
Kader Attou
Kader Attou / photo Laurent Petit
Cie Accrorap
Du collectif d’artistes des débuts à l’émergence de chorégraphes singuliers, le travail de la Cie Accrorap se caractérise par une grande ouverture : ouverture au monde grâce à des voyages conçus
comme autant de moments de partage, ouverture vers d’autres formes artistiques, vers d’autres courants. Dès 1989, dans la fièvre de la découverte de la breakdance et avec les premiers spectacles
d’Accrorap, naît le désir d’approfondir la question du sens et de développer une démarche artistique. Prière pour un fou (1999), pièce charnière dans l’univers chorégraphique de Kader
Attou, tente de renouer le dialogue que le drame algérien rend à cette période de plus en plus douloureusement improbable. La Cie Accrorap se donne alors la liberté d’inventer une danse riche et
humaine avec Anokha (2000), au croisement du hip hop et de la danse indienne, de l’Orient et de l’Occident. Cette pièce donne à la danse hip hop une dimension spirituelle. Pourquoi
pas (2002), pièce qui aborde un univers fait de poésie et de légèreté, est composée de saynètes où se côtoient performance, émotion, musicalité. Douar (2003), conçu dans le cadre de
l’année de l’Algérie en France, interroge les problématiques de l’exil, de l’ennui, écho des préoccupations de la jeunesse des quartiers de France et d’Algérie. Les corps étrangers
(2006), projet international - France, Inde, Brésil, Algérie, Côte d’Ivoire - évoque la condition humaine et cherche les points de rencontres possibles entre cultures et esthétiques, pour
construire avec la danse un espace de dialogue qui puisse questionner l’avenir. Petites histoires.com (2008) obtient un succès critique et public et raconte une France populaire, avec de
la simplicité, de la légèreté, tout en gardant un propos engagé. Le travail de la Cie Accrorap est l’histoire d’une aventure collective internationale : la notion de rencontre est au centre de la
démarche de la compagnie et des voyages (Palestine, Algérie, Brésil, Cuba, etc) alimentent la réflexion. La danse de la Cie Accrorap est généreuse et cherche à briser les barrières, à traverser
les frontières.