Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 11:59

L'Orchestre perdu #2

Christophe Huysman, compagnie Les Hommes penchés.

mardi 5 avril 20h30 au Vivat

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Photo Christophe Raynaud de Lage

Bonjour et bienvenu dans mon théâtre. Je n’avais encore jamais fait ça : construire un théâtre « démontable et envolable (sic) » avec 5 interprètes pour jouer des amoureux, des pauvres soldats, des mères qui ont froids, des riches pleins d’appétits, des meurtres dans des salons… et on articule simplement les poèmes, on en joue et on joue.

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Photos Christophe Raynaud de Lage 
 

Le spectacle comprend trois courtes pièces successives. Dans la première, "La Forêt de câbles" (le Théâtre abattu), cinq personnes dans le monde d’aujourd’hui, cinq personnes qui ont – entre autre – voté, qui se sont perdus et qui ont vieillis, cinq  personnes dans un lieu et des mécanismes qu’ils sont en train de reconstruire.
Le second, "Le Théâtre des incrédules", est un poème des Hommes « perdus » dans les guerres, et ses vertiges organiques, cliniques, irréparables. C’est l’homme mis en état de guerre, en état de tuerie et qui chante sans solution. Un vieux théâtre d’une vieille sauvagerie.
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Photo Christophe Raynaud de Lage

Changement de costumes, pour la dernière pièce les acteurs façonnent une autre nostalgie, les fragments d’un drame, avec un autre rythme, un théâtre d’oscultation cinématographique : on entre dans les hôtels particuliers des Sauvageries en salon, un univers où deux hommes et une femme à la conquête du pouvoir politique suprême détruisent leurs proches puis se déchirent entre mafia, charniers et possession des symboles. De quel monde parle-t-on ?

Christophe Huysman

Présentation du Festival d’Avignon

L’orchestre est le lieu idéal où le souffle du groupe et les talents individuels se mêlent pour faire entendre, au-delà de la partition de chaque instrumentiste, l’œuvre collective. Dans L’Orchestre perdu, il s’agit pour Christophe Huysman de réunir des interprètes qui, utilisant les formes les plus diverses, traversant des univers décomposés et recomposés, disent la difficulté à vivre dans un monde « où tout peine à s’assembler », comme il le dit. De la tragédie au vaudeville, du mélodrame musical au burlesque, tout est bon pour multiplier les accès à un univers spectaculaire, qui rappelle l’urgence de dire l’humanité dans une société où elle a de moins en moins droit de cité. Théâtre du débordement, théâtre de la liberté mais aussi théâtre de la réflexion, le travail de Christophe Huysman ordonne le désordre, dissocie la parole et le corps, cherche toutes les façons possibles de nommer et d’exprimer. C’est ce théâtre en état de recherche que l’auteur-metteur en scène nous propose, pour aller au-delà des trompe-l’œil et affirmer le paradoxe originel du théâtre, qui doit mentir pour atteindre une plus grande vérité. Présent sur le plateau, il imagine avec les autres interprètes le comment faire et le comment dire, les incite à prendre des risques, à se dépasser, à accepter le déséquilibre, à l’instar de ses textes faits de fragments, alternant dialogues et monologues. C’est un poète qui parle du monde, qui tente de décrire l’indescriptible sans vouloir le simplifier ou le rendre acceptable, qui invite au voyage avec, pour guides, les personnages de cet « orchestre perdu » aux corps multiples et aux rôles interchangeables. Mère, fille, ami, banquier, homme politique, soldat, rescapé, assassin et victimes : ils sont réunis pour être les mille visages d’une humanité « invraisemblable » où « subsiste néanmoins l’espoir du collectif » (J-F.P.).

Découvrez le site de la compagnie Les Hommes penchés ICI
Par LE VIVAT - Publié dans : La programmation
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