Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 12:18

"Kaïros, sisyphes et zombies"

Oskar Gomez Mata

mardi 18 janvier 20h30

Réservez en ligne sur la billetterie en ligne du Vivat

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Voilà un spectacle où l’on s’amuse beaucoup, mais qui peut tout d’un coup faire rire jaune et grincer des dents. Car ici, on danse "juste avant la catastrophe", c’est-à-dire avec la jubilation inquiète de la dernière fois. Chez les Grecs, Kaïros représentait l’idée du moment propice pour agir, l’instant opportun mais fugace pour faire les choses.

Kaïros, figure mythologique de la Grèce antique qui symbolise le temps qui passe est alors le point de départ d’une partition chaque soir réinventée par le facétieux metteur en scène et ses interprètes, mais aussi par le public. Drôle et ludique, ce spectacle d’un genre nouveau, qui a notamment remporté l’adhésion du public de la 63e édition du festival d’Avignon, a pour ambition de mieux nous faire percevoir les endroits d’impact du temps sur le sens de nos vies. Nous rendre disponibles à nos engagements collectifs. Nous faire prendre position.

 

Chez les Grecs, la notion de kaïros traduit le temps adéquat pour faire les choses, le temps qui «tombe bien». Être en kaïros signifie être bien synchronisé par rapport à la totalité. Ce concept désigne une certaine qualité du temps, la reconnaissance du moment propice pour agir... 
Le thème principal de ce travail est le temps qui, pour nous, est la matière centrale des préoccupations humaines. Nous vivons enfermés dans le temps chronologique, dans la ligne vitale qui va de la naissance à la mort.  
En tant qu’êtres appelés à vivre et à mourir, nous nageons, en plein paradoxe : d’un côté, nous nous comportons comme si nous devions vivre éternellement (nous devons tous paraître jeunes, dynamiques et opérés) et, de l’autre, nous vivons avec l’angoisse que tout finit avec la mort. Et nous nous demandons quel est le sens de notre vie, lorsque l’on sait que tous nos efforts sont vains... Ce qui nous intéresse, c’est d’explorer la matière du temps, de voir s’il existe un temps «sphérique», autre que le temps chronologique, qui permette d’amplifier le sens de notre vie.  
Nous vous proposons de faire des trous dans la réalité, des trous dans le temps, des trous de la possibilité, les trous de l’opportunité.
Faites des trous, regardez à travers, voyez Kaïros.
Vous verrez: DERRIÈRE LE TROU, IL Y A TOUT.
Oskar Gómez Mata

 

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Par sa manière particulière de travailler et de concevoir ses projets, la Compagnie L’Alakran produit des spectacles immédiatement identifiables. Elle crée son propre répertoire, à la façon des chorégraphes en danse contemporaine.

Les projets de l’Alakran se construisent à partir d’une idée, d’un thème, autour duquel Oskar Gómez Mata organise le travail; ces thèmes sont le point de départ d’une chaîne qui s’alimente d’éléments dramaturgiques, des répétitions également, et aussi des tournées, des stages et des ateliers. Toutes les étapes de la création sont des pièces indépendantes, des objets finis, mais qui font partie d’un processus de réflexion plus global qui les lie.

Dans l’histoire de la Compagnie, il y a eu des spectacles basés sur des textes (¡Ubu! d’après Alfred Jarry, Construis ta Jeep de Marielle Pinsard ou La Maison d’Antan,conte de R. L. Stevenson), mais celui-ci est toujours considéré avant tout comme une matière, une proposition ; car ce qui est le plus important pour l’Alakran, c’est le présent de la représentation. Cela suppose une autre relation entre la matière textuelle et la scène, entre l’interprète et le plateau, entre l’œuvre théâtrale et le public. C’est pendant la représentation que la pièce est achevée. Ainsi, la Compagnie L’Alakran propose un nouveau mode de représentation de la réalité qui correspond à une nouvelle façon de concevoir les relations entre l'observateur et l'objet artistique: l’œuvre  d’art n’est pas finie tant qu’elle ne se construit pas chez le spectateur. C’est tout l’art du présent, tel que se définit classiquement l’art théâtral, qui prend forme dans cette manière “contemporaine” de faire du théâtre.

Le public de l’Alakran sait qu’il va voir quelque chose de différent, quelque chose de ludique, de poétique et philosophique et souvent de politique.

La dynamique intellectuelle est toujours soit parallèle, soit provoquée par la dynamique sensorielle, jamais le contraire.

C’est grâce à ce projet artistique et à cette manière de fonctionner que L’Alakran a pu se développer et que son travail est reconnu dans le panorama théâtral national et international.


Par LE VIVAT - Publié dans : La programmation
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