Création "Forêt / Selva"
Amélia Estevez / Annie Leuridan
Mardi 20 avril 20h30
Réservations sur la billetterie en ligne du Vivat
Cette création est le fruit d'une collaboration entre Amélia Estevez, chorégraphe et Annie Leuridan, créatrice lumière
et paysagiste.
Leur projet intègre ces deux approches, nourries de leurs pratiques respectives. Cette création est pensée comme une
expérience dans laquelle l’être humain évolue dans un environnement dont il n’est pas l’élément central. Pensée comme une matière vivante capable d’évoluer en laissant une place à l’improvisation
humaine, la lumière y devient une matière palpable, ayant une consistance et une existence en tant que composant de la pièce chorégraphique.
L’utilisation d’une régie informatique et d’écran tactile en guise de jeu d’orgue sont au service de cette dramaturgie.
La régie informatique permet à la lumière de s’élaborer comme une partition musicale : par superposition et assemblage de pistes multiples, de couches prenant leur départ à des instants
différents. En quelque sorte, le mouvement s’impose par la lumière et la lumière naît du mouvement. C’est de ce lien unique que surgit le propos de la pièce.
Amélia Estevez I Chorégraphe
Par mon approche physique du
travail, mais plus généralement de la vie, des moments animés comme ceux immobiles, je vois la nature en tant que système vivant, autonome, indépendant de toute intervention humaine, portant en
lui les gènes de sa propre destruction et donc de sa propre survie.
La nature, que l’être humain s’efforçait jusqu’ici à voir uniquement comme un
paysage, redevenant sauvage pour survivre à ce regard destructeur, provoquerait l’homme dans son propre système. L’être humain serait alors confronté à l’image de sa propre détérioration et à son
obligation de muter pour s’adapter. Confronté, de fait, à son obligation d’en finir définitivement avec l’hypocrisie de son statut de dominant, de veilleur et responsable du monde dont il s’est
auto proclamé l’unique héritier.
La Forêt représente l’élément essentiel où l’homme est réduit à sa juste mesure.
Elle est sa mort, mais elle lui offre aussi la possibilité de se dépasser lui-même. La Selva n’est pas un lieu de retraite, il est le lieu de la confrontation avec un danger objectif, le plus
souvent mortel. Il ne faut pas voir la Forêt comme un lieu romantique ou bien peuplé de mythes et de légendes à l’européenne. L’humain y est très présent, « référent » et le danger y est
subjectif. Il faut penser Selva comme un lieu impénétrable, inhumain, où le danger est objectif. Revenant aux préoccupations qui m’animent depuis ma dernière création, je veux continuer à
explorer le corps de la femme.
Biologiquement, le corps de la femme est plus apte à subir des transformations. Il porte déjà en lui une objectivité organique. Et confronté à l’inconnu, il a une plus grande capacité à s’y
adapter.
À ce titre, le corps féminin devient menace et provocation pour l’homme conscient de sa faiblesse intrinsèque à s’adapter à ce monde qu’il ne domine plus.
Annie Leuridan I Créatrice lumière, paysagiste
Les paysages sont culturels avant d’êtres naturels. Par culture et peut-être par paresse, c’est d’abord aux forêts du nord que les références me sont venues. Mais il faut bien le reconnaître une
fois un mythe, une vision, une certaine idée du paysage admis, les pistes sont brouillées et la métaphore est plus réelle que son référent ; tantôt refuge, tantôt renfort, tantôt ténèbre
primitive, tantôt promesse de vivifiance.
Lorsque nous disons «forêt» Amélia et moi n’imaginons pas la même forêt. C’est d’un bois dont je parle. Quant à elle, il s’agit à l’évidence de l’immensité tropicale, de la chaleur, de
l’humidité. Pour moi, il s’agit de représentations, de regards posés sur des hésitations.
L'équipe de création :
Amélia Estevez I chorégraphe
Amélia estevez est originaire d’Espagne où elle étudie la danse classique. De 1992 à 1996 une bourse d’Etat lui permet d’étudier la danse contemporaine en France, d’abord au Conservatoire de
Région de Rennes auprès de Ruxandra Racovitza puis à l’Ecole de Danse Supérieure de Cannes Rosella Hightower auprès d’Inga Sterner, Edward Cook et Stefanie Withe. Elle travaille successivement
avec la Compagnie Artefact, la Compagnie Bruno Jacquin et avec Jean-Christophe Paré.
Depuis septembre 1999 et son installation sur Lille, elle travaille avec le chorégraphe Cyril Viallon (Compagnie Caryatides). Paralèllement, elle collabore avec les chorégraphes Seydou Boro,
Salia Sanou, Samuel Mathieu et travaille, en tant qu’interprète, avec les metteurs en scènes Valérie Fiévet, Serge Bagdassarian et Sophie Bourdon.
En 2001, elle chorégraphie et interpre le solo « El Sur » programmé lors des Rendez-vous de la danse de la Biennale du
Val-de-Marne. En 2004, elle crée sa compagnie L’Amant Bilingue, chorégraphie et interprète le spectacle A l’heure fragile où les corps s’effleurent dans le cadre du festival Borderline à
Armentières. En 2007, après une période de résidence de création au Vivat d’Armentières, elle présente son dernier travail, Cendrillon le dimanche, solo qu’elle chorégraphie et
interprète.
Annie Leuridan I lumière, paysage
Annie leuridan vit et travaille principalement dans le nord de la France. Elle y est éclairagiste de spectacle ou d’exposition, paysagiste, militante, co-auteure de documentaires, assistante de
réalisation... Elle aime le travail en équipe, la transmission et le partage des savoirs, l’animation de groupe d’usagers, les vacances et un tas de choses plus ou mons avouable. En architecture
et paysage, elle exerce les fonctions de paysagiste ou d’animatrice de maitrîse d’usage (aménagement du Bois Leurent/ Roncq, conception des jardins de l’école Legouvé/Roubaix rénovation du
théâtre d’Arras..) Pour le spectacle vivant, ses choix s’orientent principalement vers la danse contemporaine (L’amant bilingue, la pluie qui tombe, contour progressif..), eu égard la place de
choix qui est réservée aux traitement des espaces, volumes et couleurs. Depuis quelques années, elle travaille la lumière pilotée par capteurs et la création de régie informatique avec la
compagnie contour progressif.
Cyrille Henry I artiste et développeur pluridisciplinaire
Cyrille henry s’intéresse à l’interaction entre le geste humain et l’informatique. Son travail s’est orienté tour à tour vers les capteurs ou la modélisation physique pour l’analyse gestuelle,
les interfaces de contrôle informatique, ainsi que la synthèse sonore et visuelle en temps réel. Il a travaillé 4 ans avec La Kitchen (comme responsable du departement hardware) au développement
d’interfaces de captation et de leurs utilisations dans un contexte artistique (spectacle vivant, danse, installation interactive, musique). Il est l’un des membres fondateur du projet chdh de
performance audio-visuelle basée sur les logiciels pure-data et Gem ainsi que des outils qu’il a developpé de modélisation physique. Depuis 2005, il travaille comme développeur / ingénieur
independant autour de pure-data / Gem et de systèmes de captation.
Nicolas Cremery I musicien
Nicolas cremery a grandi en Picardie et découvre la guitare à 14 ans. Depuis, cette passion ne le quitte plus. Il joue dans de multiples groupes et formations notamment Aftershave et Twin Flowers
C’est en 2004 qu’il compose pour le théâtrela première fois une musique de théâtre. C’est dans le cadre du festival inter-universitaire de Lille III avec la compagnie Verglacée (Médée dans une
mise en scène de Stéphane Dubromel)
Marie Hubert I danseuse interprète
Marie
hubert, premier prix du Conservatoire de Nantes en danse contemporaine et en danse classique (médailles d’or), obtient en 2003 le « Degree of Bachelor of Arts in Dance Theatre » Class One,
attribué avec “Distinction” par le Laban et la City University de Londres, période pendant laquelle elle travaille au « National Youth Dance Company ».Elle a également, en tant qu’interprète,
travaillé successivement avec Claude Brumachon, Lisa Torun, Mathilde Monnier et Cyril Viallon. Parallèlement, elle réalise des travaux personnels dont Permanent temporaire II , pièce
chorégraphiée avec Cyrille Viallon , TOC, solo pour un non danseur (Bonnie Bird Theatre, Laban, Londres), Tais-toi et mange !, vidéo de Quiterie Mälher (Bonnie Bird Theatre, Laban, Londres), I
say... (Bonnie Bird Theatre, Laban, Londres).

Dorothée Lamy I danseuse interprète
Dorothée lamy est parisienne pure beurre, elle étudie d’abord la danse classique puis contemporaine au cnsmdp (conservatoire national de Paris) où elle obtient son diplôme de fin d’étude en 1999
(d’après ses lointains souvenirs). Elle pense arrêter la danse jusqu’à sa rencontre avec Carolyn Carlson lors d’un stage à la Cartoucherie de Vincennes. Elle monte alors la compagnie « Ortema »
avec Marion Faure avec laquelle elle créé plusieurs pièces chorégraphiques. La pente du cabaret et autres fantaisies la happent jusqu’à atterrir à Loos-en-Gohelle où elle rencontre la compagnie
HVDZ (Guy Alloucherie, Martine Cendre, Marie Letellier). C’est alors qu’elle remplace Camille Blanc dans les « Sublimes », puis intègre les « «Veillées ». La création suivante : Base 11/19, elle
sera interprète. Elle remplace Marie Hubert dans « Nuit » de Cyril Viallon avec Les Caryatides en 2008...
Magdalena Mathieu I interprète
Magdalena mathieu est polonaise. Elle arrive en 1993 en France. Elle intégre le conservatoire d’art dramatique de Roubaix. Après l’obtention de son diplôme de fin d’année, elle commence avec
beaucoup de chance à travailler avec Christophe Piret, Jean-Marc Choteau, Dominique Surmais - elle continue aujourd’hui avec la même chance de collaborer avec des metteurs en scène et
chorégraphes - Françoise Delrue, Sylvie Reteuna, Sophie Rousseau, Danielo Luna Florez, Amélia Estevez.