Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 09:56

Dimitri Vazemsky, artiste à l'oeuvre éclectique, et s'il fallait préciser chronologiquement : écrivain, illustrateur, éditeur, écrivain sur paysage... bénéficie d'une résidence à l'année à la Maison des Artistes de l'EPSM Lille Métropole d'Armentières (voir les précédents sujets sur les artistes en résidence : Belinda Annaloro et Thomas Suel).
Cela lui permet ainsi (outre de pouvoir stocker ses grandes lettres rouges qui lui servent régulièrement !) de travailler sur plusieurs projets : 

>>> Les lettres formant le mot "ROUGE" (coproduites par le Musée de la Mine de Lewarde pour la Nuit des musées en 2006) ont ainsi été exposées à l'hospice Comtesse de Lille de juin à septembre dernier dans le cadre de l'exposition "Amnesia". Dans cette exposition d’art contemporain issue de la coopération des villes jumelées Cologne et Lille, 9 artistes, allemands et français, ont abordé la thématique de la guerre et de ses conséquences sur le monde contemporain, et ont interrogé dans leurs oeuvres les contenus de la mémoire et du souvenir représentés dans l’art.

image 64075509 Ces lettres, avant de finir à l'Hospice Comtesse, furent installées en mai dernier près du bois du Faisan à Fromelles, à l'endroit même où 250 soldats australiens ayant perdu la vie durant la première guerre mondiale furent exhumés l'été dernier   et y ont été enterrés.  (voir l'article sur l'attaque désastreuse de Fromelles ICI). Ces lettres viennent ainsi rappeler cette couleur aujourd'hui absente du paysage, paysage qui pourtant semble être encore chargé de cette histoire. L'œuvre interroge cette mémoire "sensible" du lieu : est-elle liée au lieu-même ou à ce que nous en savons, à ce que nous y amenons ? Comme une citation en espace de la chanson de Montéhus, écrite en 1919 :
"La Butt’ Rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin

Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boira ce vin là, boira l’sang des copains."

>>> On pourrait   vous parler aussi du projet "poésie/poésìa" qui se réalise actuellement dans les Pyrénées et qui est intimement lié aux autres lettres rouges, plus petites et plus nombreuses, qui s'appuient sur les murs de l'atelier, mais on préfère vous aiguiller vers le blog poesia de  l'artiste...  

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   >>> L'autre projet sur lequel travaille Dimitri, et qui nous concerne plus directement au Vivat, est "Le Chant de la terre", la symphonie composée par Gustav Mahler, une suite de six lieder interprétés successivement par deux chanteurs solistes.

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A l'origine de la symphonie, des poèmes chinois, que Malher adapte en symphonie, dont le dernier passage : Der Abschied (« L’Adieu »). L'adieu à la terre.
Malher a construit sa symphonie à partir de poèmes chinois et Dimitri, lui, se concentre sur des 33 tours chinés... L'image de révolution du saphir plongeant dans le sillon, du champ... du chant... de la terre. Une espèce de nœud poétique, une bobine à dérouler, cohérente, car à l'origine de ce projet se love l'émotion ressentie par Dimitri un matin où il est "tombé" sur cette musique, alors qu'il était chez un ami et regardait le paysage. Une émotion et des larmes. La réponse du corps. Comment ces pleurs sont ils nés ? Par quelle mystérieuse alchimie ?...

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"Sont-elles rejouables comme un 33 tours, peut-on remettre le saphir et comme pris dans la spirale du sillon, se retrouver, de nouveau, en train de pleurer...? Non, les années ont passé, et d'ailleurs, sur quelle version ai-je pleuré ?..."
et le voilà replongé dans une quête personnelle... à la recherche d'un état (lieu physique intérieur d'écoute) qui pourrait déclencher à nouveau les larmes, mais le temps a passé, les lieux ne sont plus les mêmes, et pourtant...
Ce travail, à partir des interprétations différentes d'une œuvre unique, questionne le rapport de l'"identique mais différent", abordant ainsi les questions du "rapport idéal" musicien-auditeur dont parlait Glenn Gould, de l'histoire que chacun tisse avec une œuvre, jusqu'à l'épuiser...

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Pour "Vivat la danse !" (ce festival de danse contemporaine aura lieu du 28 janvier au 4 février 2011), il présentera le vendredi 28 janvier son projet "Le chant de la terre".

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Ainsi, cette recherche verra un premier aboutissement autour d'un dispositif scénique immuable pour solo, alliant six platines vyniles, chacune tournant avec une des six interprétations chinées de la symphonie, de la fragilité de l'instant, de solistes qui deviennent un choeur, et d'un glissement du spectacle vers le théâtre intérieur...
Voilà... difficile encore de s'imaginer à quoi ressemblera le projet final, mais nous vous tiendrons au courant bien sûr !
A noter, ce projet sera transposé sous une forme plus "pédagogique", une rencontre conviviale à la médiathèque "L'Albatros" d'Armentières, où un "Cabinet découte" permettra à chacun d'écouter les différentes versions de l'œuvre et d'affûter son oreille pour mieux la partager...

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Et comme un projet en appele toujours un autre, une nouvelle question titille déjà Dimitri :

"Et vous ? Vous avez pleuré sur quoi ?" A suivre !...

Découvrez tous les travaux de Dimitri Vazemsky sur son site en cliquant ici.

 

Un article récent sur l'artiste paru dans la Voix du Nord ICI

 

 


 

 

Par LE VIVAT - Publié dans : Infos diverses
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