Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 17:13
Embarquement pour France distraction ou l'autre dimension artistique du Vivat
Par Camille Raad, la Voix du Nord (à lire aussi ICI)
Album photo à consulter FRANCE-DISTRACTION FRANCE-DISTRACTION

Vendredi et samedi soir, le Vivat semblait possédé.
S'en approcher signifiait atterrir sur une planète absurde, s'égarer dans un univers irréel, basculer dans une dimension parallèle... Celle de France distraction ou quand cinq plasticiens invitent des artistes aussi disjonctés qu'eux à évoluer dans leur monde. Et le public était cordialement convié au voyage. Nous en faisions partie...



Vendredi, nous étions quelques-uns à embarquer pour cette étonnante aventure. Aux portes du Vivat, qui célèbre ses vingt ans, l'harmonie d'Armentières accompagne notre décollage avec des morceaux qui nous évoquent Superman ou Star Wars, des airs parfaitement appropriés ! Le moment semble presque solennel et même le beffroi se mêle aux musiciens. Il est vingt heures. Pour ce voyage, destination France distraction, cinq commandants de bord : Belinda Annaloro, Antoine Defoort, Julien Fournet, Halory Goerger et Sébastien Vial, tous en résidence à la maison des artistes de l'EPSM. Dans ce micro-macrocosme, les châteaux sont gonflables et s'imbriquent par trois. À l'intérieur, il n'y a que des enfants, de cinq ou quarante ans... Mais il faut pousser l'exploration artistique plus loin, dans la grande salle. Au sol, une carte de France au cent millièmes.



On se sent l'étoffe d'un géant jusqu'à ce que l'on grimpe au balcon. De là-haut est diffusé, en fond sonore, un épisode des Feux de l'amour. Projeté au sol avec l'équivalent de douze énormes pixels, on a l'impression d'être un moustique près d'un écran télé et on ne distingue que de vagues formes. Tiens, une conférence sur le MP3 est donnée en salle de réunion. Sérieusement délirant, Martin Granger, le conférencier, se lance dans des raisonnements abracadabrants sur la compression musicale, supprimant les répétitions de notes dans les oeuvres de Mozart, superposant l'album blanc des Beatles avec The Black Album de Jay-Z et juxtaposant Stratovsky et Beethoven pour donner Strathoven... « Un gain de place ! »



C'est ensuite la voix de Bettina Atala qui résonne au milieu de la salle du conseil et de ses mannequins-administrateurs qui se gonflent et se dégonflent, un peu comme dans la vraie vie, quoi... Bettina Atala réalise ici une performance depuis New York via Skype : le public lui commande de danser ou d'acheter un café à emporter et elle le fait, depuis la 60e rue.



Dans cet univers, la musique a aussi sa place même si elle est plutôt décalée, voire dérangée, comme ce show de Benjamin Séror. Un look improbable pour une voix qui l'est tout autant, à la frontière entre l'autodérision et la surestime. S'ensuivra un titre rocambolesque de Martin Granger, Pôle emploi . Assise en tailleur sur Carpentras, un pied en Camargue, l'autre à Nîmes (sur la carte de France géante), je découvre, stupéfaite, Féromil, qui transforme son détecteur de métal en guitare électrique. Le calme après la tempête : Bobik ou Sacha, un groupe où les voix se mêlent délicieusement aux instruments.

Un moment de lucidité dans ce grand délire ! Le trajet du retour se fera avec une projection sur le perron du Vivat. De belles animations de Jeff Scher, faites d'aquarelles et autres images presque subliminales, et en bruit de fond, les claquements d'un vrai projecteur de cinéma. •
Par LE VIVAT - Publié dans : La programmation
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