Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 17:29
"Loin d'être fini"
Le Prato, Gilles Defacque
Mardi 13 octobre 20h30
Réservez sur le site du Vivat ICI

Le site du Prato c'est là

Partons à la découverte de l’univers d’un humain comme à la découverte d’un territoire inconnu ou insoupçonné, d’un être en voie de disparition.
Ses faits et gestes, ses chansons, son cirque d’intérieur.
Une série d’autoportraits aux noix et aux marrons,
Entre comédie et mélancolie… sur le fil du funambule…
Une piste de foire, un bric-à-brac de forme, un solo Donquichottesque.
Un pied de nez à toute notion de genre
- Esprit chagrin et cartésien s’abstenir !
Après Bégaiements, Gilles Defacque redonne du cabaret
– maboul à lui tout-seul,
Il ne tient pas en place, saura-t-on le stabiliser ?


Le rire casse les briques
Au Prato, Gilles Defacque, comédien et clown, convertit le quotidien au surréalisme picard dans une traversée intitulée "Loin d’être fini".
Le comédien fait le clown. Le clown fait le comédien. Entre les deux, il y a Defacque. Gilles. Du Prato de Lille. Qui jongle avec ses deux peaux. D’un œil de malice, d’une trompette en coulisses, d’un air perdu, passant et repassant à petits pas pressés en fond de scène, il suscite l’hilarité. À d’autres moments, il s’arrête, rembobine le film, explique ce qu’il fait. Longuement. Par exemple, comment il arrive avec sa vieille valise, ses cheveux gris tombant, son air mauvais : Une heure que je tourne en rond. Où il est ce théâtre ? C’est une usine ? Ils sont où les ouvriers ? Passage protégé : le pied descend du trottoir, remonte, redescend. Les gens, au volant des 4X4, ont l’air de conduire avec des jumelles : C’est les Allemands qui reviennent, dit mon père… Et  ça pourrait durer huit heures ! Le spectateur rit, rien que d’y penser : se perdre, hésiter, craindre, au fond, c’est vrai, on n’en finit pas.


Après l’explication du sens - de la circulation - on repart dans le non-sens. Plus exactement le nonsense, comme disent les Anglais, même si on est à côté de la Belgique. Scène d’anthologie : l’artiste, en livrée rouge, suit, sur l’écran, son double qui présente sa prochaine création, “à l’opposé de tout ce qui s’est fait jusque-là”. Sur la vidéo, il est sentencieux, suffisant, supérieur, un peu comme le clown blanc. En bas, retourné sur sa chaise, de trois quarts vers le public, il se marre à reprendre certains mots. Il est l’Auguste.
La conférence porte sur les raccords… Raccords de cinéma, de théâtre, où l’on raccorde les séquences déjà réalisées ? Non, le “créateur” parle de Ra, dieu égyptien, et de “cor””, parce que “quand y en a plus, y en a cor”. Comprenne qui pourra. C’est du “surréalisme picard”. Mais le créateur est loin d’en avoir fini. Maintenant, à demi affalé sur sa table, il mange. Une bouchée bien mastiquée, une phrase bien ajustée, on devrait appeler cela conférence pour la bonne bouche. Le concepteur, aujourd’hui roi de la culture sur programme, est K-O debout.


Déjanté, Defacque ? Pas tant que ça. Clown sortant d’un autre clown, comme les poupées russes. Magicien donnant à voir ses tours. Pas pressé. Comme son public, qui prend son temps. Un nouveau venu de vingt ans lui dira, à la sortie : Je ris, mais pas toujours tout de suite, souvent après avoir compris. Et l’Autre qui demande du chif- fre…, dit l’Auguste, qui connaît la fameuse lettre de mission du président à sa ministre.
Defacque finit en beauté avec Beckett. Sur des images à lui du monde de son enfance, de ses parents qui tenaient, dans la Somme, le “Mignon Palace”, comme les parents Lubat tenaient l’Estaminet à Uzeste : spectacle, ciné, bal, belote, vélo… Le texte de Beckett s’intitule Pour en finir encore. Defacque le fait sien, familier, personnel, comme un texte “de cuisine”. Et qui finit ainsi :Il n’y a rien dans sa tête, j’y mettrai le nécessaire. »
Charles Silvestre dans l’Humanité





Réalisation des vidéos Frank Cassenti

Par LE VIVAT - Publié dans : La programmation
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