Boléro, variations
Au Vivat samedi 10 janvier à 20h30 / Réservez ici En première partie de soirée, à 19h (salon d’honneur de l’hôtel de ville)
:boléro deux (extrait du spectacle trois boléros d'Odile Duboc) interprété par Emmanuelle Huyn et Boris Charmatz.
Après Sacre - The Rite of Spring et Swan Lake, 4 Acts déjà accueillis au Vivat, Raimund Hoghe
poursuit sa recherche sur les œuvres musicales et chorégraphiques qui ont traversé le siècle dernier. Ici, toutes les musiques du Boléro (de celle de Ravel en passant par celles accompagnant des
boléros de danses espagnoles du 18e siècle) sont convoquées sur le plateau dans un rituel minimaliste de gestes et de postures qu’affectionne particulièrement ce chorégraphe hors norme. Dans un
crescendo vertigineux de couleurs et de sons, l’intensité de ce Boléro Variationsnous convie à partager l’aventure à la fois collective et intime
de ces six merveilleux interprètes.
Tendu entre nostalgie et modernité, Raimund Hoghe fait éclater le standard de Ravel. Vertigineux.
Deux fils entremêlés - et apparemment contraires - cheminent à l'intérieur de l'oeuvre du chorégraphe-plasticien Raimund Hoghe. L'un semble venir d'un lointain passé ; l'autre, aspirer vers un
avenir impalpable, sinon vers le vide ou le rien. D'un côté, la narration, l'univers du ballet, l'éloquence, le classicisme, un humanisme partagé, l'enfance, la nostalgie, l'Europe peut-être.
De l'autre, le dépouillement, l'ascèse, le minimalisme le plus intransigeant, la solitude la plus âpre, la table rase, l'incertain, ce qu'il en est aujourd'hui de l'individu contemporain.
Raimund Hoghe réunit en lui le vieux et le neuf, la mémoire et l'oubli. De cet Allemand de près de 60 ans, on a tellement dit et répété qu'il avait été le dramaturge de Pina Bausch, qu'il avait
une bosse dans le dos et qu'il avait choisi de rendre visible, publique et artistique sa difformité, qu'il faudrait à partir de maintenant se décider à ne plus l'écrire. Après tout, Raimund
Hoghe a son propre univers, un sens du tragique qui n'appartient qu'à lui, une oeuvre déjà conséquente, un public, ses détracteurs aussi... Avec ce Bolero Variations, il entreprend une
fois encore le voyage obstiné qu'il avait engagé avec Young People, old voices (2002), The Rite of spring (2004) ou le Swan Lake (2005). Un long périple à l'intérieur
des méandres - décombres, traces et promesses - de notre héritage, non pas avec le rêve d'en préserver la matérialité intacte, mais avec la volonté d'en comprendre l'usage que nous pouvons en
faire. Usage de l'art mais aussi usage du monde, l'éthique n'étant pas négociable. Avec une différence cependant, Raimund Hoghe donne ici tellement de place, de liberté et de volume à ses
interprètes et complices qu'il deviendrait déloyal de ne pas les citer, Ornella Balestra, Ben Benaouisse, Lorenzo De Brabandere, Emmanuel Eggermont, Yutaka Takei. Un conseil au public avant de
conclure : se laisser faire, ne rien vouloir, ne rien savoir. Et partir.
Daniel Conrod Telerama n° 3049 - 21 juin 2008
Raimund Hoghe est né en 1949 à Wuppertal. Il a commencé sa carrière en écrivant pour l'hebdomadaire allemand Die Zeit des portraits
de petites gens et de célébrités, rassemblés par la suite dans plusieurs livres. De 1980 à 1990, il a été le dramaturge de Pina Bausch au TanzTheater Wuppertal, ce qui a également donné
matière à la publication de deux livres. Depuis 1989, il s'est attelé à l'écriture de ses propres pièces de théâtre qu'ont jouées divers acteurs et danseurs. 1992, début de sa collaboration
avec Luca Giacomo Schulte qui est à ce jour son collaborateur artistique. C'est en 1994 qu'il monte en personne sur la scène pour son premier solo Meinwärts qui forme, avec
Chambre séparée (1997) et Another Dream (2000), une trilogie sur le XXème siècle. Ses livres ont été traduits en plusieurs langues et de nombreux pays d'Europe, ainsi que le
Japon, l'Australie et dernièrement la Corée du Sud l'ont invité à donner ses spectacles. Il crée ces dernières années Young People, Old Voices (2002), Sacre - The Rite of
SpringSwan Lake, 4 Acts (2005) et retourne à la forme du solo avec 36, Avenue Georges Mandel (2007). Il vit à Düsseldorf et a reçu plusieurs prix, dont le "Deutscher
Produzentenpreis für Choreografie" en 2001, et le Prix de la critique en France en 2006 pour le spectacle Swan Lake, 4 Acts. (2004),
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