Partager l'article ! Dans "Le jeu de l'amour et du hasard"...: Dans « Le Jeu de l'amour et du hasard », il y a le mot jeu. La jeune t ...
Voilà Marivaux rajeuni. Ça bouge, ça court les meubles roulent. Et cette impermanence, miroir de l'âme humaine et de ses sentiments, convient parfaitement à l'esprit du texte. Ce jeu est aussi la surprise de l'amour. À ce jeu-là, Silvia est parfaite. Tous déploient une énergie physique palpable et jettent leur corps dans la bataille. Retenue et interdits chez les maîtres, familiarité chez les valets. Cette façon de se comporter selon son origine sociale a-t-elle tellement changé ? Pas tant que le langage assurément ! Autant la langue de Molière a pris peu de rides, autant celle de Marivaux, épousant l'évolution des sens et des humeurs, semble-t-elle liée aux salons du XVIIIe siècle. Et pourtant, insensiblement, on se glisse dans ces arabesques qui nous conduisent au plus profond du coeur féminin ou masculin. Émois, colère et rougeur se disent plus qu'ils ne se montrent ou l'inverse les mots et les gestes peuvent se contredire. On peut passer de la détresse au rire en un instant le divertissement peut être cruel. Mariage arrangé ou union désirée, redoutée ? Ces questions sont toujours d'actualité. Dans un décor immaculé et pastel, avec quelques touches de couleurs vives apportées par les costumes et les sièges, le quatuor amoureux orchestre ses rencontres devant un couple singulier formé par le père et le fils. Le personnage de Mario, frère de Silvia, plus développé que chez Marivaux, permet d'aborder les relations complexes fraternelles. •
Catherine Quetelard, La Voix du Nord. A lire aussi sur le site de La Voix du Nord
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