Les spectacles

Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 09:37
Thomas Dutronc ne joue pas perso, diraient les sportifs. Sa bande de musiciens, de copains, c'est important, cela se sent. Et pourtant, sur scène, c'est lui le patron. Une histoire de patronyme, de charme, d'élégance, de talent, allez savoir... Généreux, le quintet a donné deux heures de musique au Vivat, en offrant sa chance, en ouverture, à Arnaud Garoux, parolier de Solitaires. Puis place aux guitares et au violon sur fond de batterie. Toute la musique qu'ils aiment, elle vient de Django (Reinhardt). À l'école du jazz manouche, de Ninine, de Romane, rencontrés à la Chope des Puces, Thomas Dutronc a su bien s'entourer, en tournée avec Biréli Lagrène notamment. Vendredi soir, le violon de Pierre Blanchard a survolté le Vivat. Dans une ambiance de cave ou de club de jazz, ils ont déployé toute la virtuosité allègre de cette musique farouchement acoustique, en toute simplicité et complicité avec la salle.


On savait Thomas Dutronc fin musicien voilà qu'il prend le micro, chante, met en scène, raconte des histoires, s'adresse au public. «  Jeune je ne savais rien... » Il n'est pas si vieux (35 ans)... Avec un petit côté gamin, étudiant, un brin dandy, un poil décalé, des yeux bleu pâle, une voix au timbre et au phrasé paternel, il impose sa présence en scène. En posant des mots courts sur cette musique à cent à l'heure, il joue avec le texte comme avec les notes. De pot pourri (ravageur, à partir de musique de variété) en medley (très réussi sur Les Triplettes de Belleville ), il donne un aperçu de sa palette, de l'humour au vague à l'âme. Le duo avec Marie Modiano, harmonieux sur le disque, sur un texte d'Arno Garoux, s'est transformé, au Vivat, en duo avec Bertrand Papy, un de ses complices en composition.

Paris, la Corse, sa géographie privilégiée, est revisitée en images aussi, comme ces cartes postales de vacances, le désespoir des enfants et l'attente des anciens, sur un simple drap blanc, support de projections et d'ombres chinoises. De sa petite mallette, il sort ses trésors, glissant opportunément, en guise d'au revoir, une carte d'Armentières. On passe de Django aux frites, de chiens kitsch à une demoiselle virevoltant dans une boule de verre. Tout un univers.


La bande revient au final faire un petit tour dans la salle, à la façon des baladins sur les chemins. Thomas Dutronc se prête gentiment à une séance de dédicaces et de photos avec des jeunes filles, couvé du regard par leurs mamans. C'est sûr, on ne peut s'empêcher de chercher les ressemblances avec Françoise (Hardy) ou avec Jacques. Nous suivrons avec attention la carrière de Thomas chanteur qui commence sous les meilleurs auspices.

 

Catherine Quetelard, La Voix du Nord / A lire aussi sur le site de la Voix du Nord

Album photo du concert :  Thomas Dutronc en concert Thomas Dutronc en concert

Par LE VIVAT - Publié dans : Les spectacles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés